C'est le choix qui se pose vraiment en boutique : deux plaquettes, deux mots, un écart de prix qui peut aller du simple au double. La réponse courte : le froid achète des arômes, pas de la puissance — et il se paie en rendement.
La réponse en trois lignes
- Dry sift : tamisage à température ambiante. Méthode de référence, présente sur toute la gamme, du 120 microns grossier au 45 microns très fin. Le détail maille par maille.
- Frozen sift : le même tamisage, conduit à froid sur une matière congelée. Les trichomes deviennent cassants et se détachent au lieu de s'écraser. La méthode et son coût.
- Conséquence : à matière première égale, le frozen sent plus et rend moins. Ce n'est pas une échelle de qualité, c'est un arbitrage.
Ce que le froid change, physiquement
Fait Les têtes de trichomes sont des glandes souples à température ambiante : frottées sur un tamis, une partie s'écrase et reste collée aux fibres au lieu de passer. Refroidies, elles deviennent cassantes et se détachent nettement au premier contact.
Deux effets en découlent. Le tri est plus propre — moins de résine perdue dans le végétal, moins de végétal entraîné dans la résine. Et surtout, les terpènes, molécules volatiles responsables de l'odeur, s'évaporent d'autant moins que la température est basse : le froid les retient dans la glande au lieu de les laisser partir pendant la manipulation. Comment lire un profil aromatique.
Le comparatif, ligne par ligne
| Dry sift | Frozen sift | |
|---|---|---|
| Principe du tri | Par la taille, sur tamis — identique dans les deux cas | |
| Température | Ambiante | Négative, sans rupture de chaîne |
| Matière de départ | Récolte séchée | Récolte congelée, souvent fraîche |
| Ce qu'on optimise | Le rapport quantité-finesse | Les arômes et la netteté du tri |
| Aspect typique | Sableux, du vert au blond selon la maille | Blond à crème, granuleux et régulier |
| Nez | Correct à très bon selon la maille | Plus vif, plus proche de la plante fraîche |
| Rendement | Correct | Plus faible |
| Contrainte de production | Aucune particulière | Congélation et chaîne du froid ininterrompue |
| Position de prix | Variable selon la finesse | Haut, régulièrement |
| Disponibilité | Courante | Saisonnière, par lots |
| Ce que le mot garantit | Rien : aucun des deux termes n'est contrôlé | |
Les positions de prix sont des ordres de grandeur constatés sur le marché français, pas des tarifs. Ce site ne publie aucun prix qu'il ne pratique pas et ne compare aucune boutique.
Le piège du micron
Un dry sift 45 microns bien conduit bat un frozen sift 120 microns sur à peu près tous les critères. La finesse du tamisage pèse davantage que la température, et c'est l'erreur de lecture la plus fréquente : on compare deux mots là où il faudrait comparer deux mailles.
Quand une boutique annonce « frozen » sans préciser le micronage, elle donne l'information la moins déterminante des deux. Ce que veulent dire 45u, 73u, 90u et 120u.
Le frozen se conserve-t-il moins bien ?
Non par nature, mais il a davantage à perdre. Sa valeur tient en grande partie à des terpènes volatils : mal conservé, il redescend plus vite vers le profil d'un dry sift ordinaire, alors qu'un dry sift, qui en contient moins au départ, change moins visiblement. Contenant hermétique, à l'abri de la lumière et de la chaleur, dans les deux cas — les quatre facteurs de dégradation.
Lequel choisir, concrètement
- Tu découvres la catégorie : un dry sift de maille moyenne, en petit format. Tu apprends à lire une texture sans payer une rareté.
- Tu cherches le meilleur rapport : un dry sift finement trié, maille annoncée, comparé au gramme et pas à la plaque.
- Tu cherches le nez avant tout : frozen sift, en acceptant le prix et une disponibilité qui ne se planifie pas.
- Tu cherches la pureté maximale : c'est une troisième question, et elle mène ailleurs — dry sift ou static sift.
Ce que ni l'un ni l'autre ne garantit
Fait Ni « frozen sift », ni « fresh frozen », ni « dry sift » n'est un label contrôlé. Aucun organisme ne vérifie qu'une résine ainsi étiquetée a été produite de cette façon, et rien n'oblige un vendeur à annoncer la maille. Ces mots décrivent une intention de fabrication, pas un résultat certifié.
Restent deux choses vérifiables : la maille annoncée, qui se recoupe avec l'aspect du produit, et l'analyse du lot, qui seule établit la composition et la conformité. Les sept critères disent quoi exiger, et la page légalité ce que la réglementation française impose au produit fini.
