La question revient dès qu'une boutique affiche les deux mots côte à côte, souvent avec un écart de prix important. La réponse courte : ce ne sont pas deux niveaux de gamme, ce sont deux gestes différents — et l'un s'applique fréquemment après l'autre.
La réponse en trois lignes
- Dry sift : on trie par la taille, en frottant la matière sur des tamis de maille décroissante. C'est la méthode de base, et elle couvre toute la gamme, du grossier au très fin.
- Static sift : on trie par la charge électrique, en finition, pour retirer les débris végétaux qu'un tamis laisse passer. C'est un affinage, pas un remplacement.
- Conséquence : un static sift part très souvent d'un dry sift. Les opposer comme deux camps est un raccourci de fiche produit.
Ce que fait exactement le dry sift
La matière sèche est agitée ou frottée sur une succession de tamis. Les trichomes, plus petits et plus lourds que les fragments de feuille, traversent ; le végétal reste au-dessus. En descendant les mailles — 120, 90, 73, puis 45 microns — on obtient des fractions de plus en plus pures.
Fait C'est le chiffre en microns, et non le mot « dry sift », qui porte l'information. Un dry sift 120 µ contient nettement plus de matière végétale qu'un 73 µ : il sera plus vert, plus poussiéreux, moins cher. Un dry sift finement trié devient blond et sableux. Le détail maille par maille.
Ses limites sont mécaniques : un tamis sépare par calibre. Tout fragment végétal de la même taille qu'un trichome passe avec lui. C'est précisément ce résidu que la méthode suivante vise.
Ce que fait exactement le static sift
On exploite une différence de comportement électrostatique entre la résine et la matière végétale. Chargée, la résine se détache et vient adhérer à une surface ; le végétal, lui, ne suit pas. Le tri ne se fait donc plus sur la taille mais sur une autre propriété physique — ce qui explique qu'il attrape ce que le tamis laissait passer.
Deux conséquences directes. La première : le produit fini est très propre, très fin, souvent très clair. La seconde : les quantités sont faibles. On travaille une fraction déjà triée, et on n'en récupère qu'une part. La méthode en détail.
Le comparatif, ligne par ligne
| Dry sift | Static sift | |
|---|---|---|
| Principe du tri | Par la taille, sur tamis | Par la charge électrostatique |
| Place dans la chaîne | Séparation principale | Finition, après un tri |
| Eau ou solvant | Aucun, dans les deux cas | |
| Ce qu'il retire bien | Le gros du végétal | Les résidus de même calibre que la résine |
| Sa limite | Laisse passer les débris fins | Ne produit rien à partir de rien : dépend du tri amont |
| Aspect typique | Sableux, du vert au blond selon la maille | Très fin, très clair, poudreux |
| Rendement | Correct | Faible |
| Position de prix | Variable selon la finesse | Haut, et régulièrement le plus haut du rayon |
| Disponibilité | Courante | Irrégulière, par petits lots |
| Ce que le mot garantit | Rien : aucun des deux termes n'est contrôlé | |
Les positions de prix sont des ordres de grandeur constatés sur le marché français, pas des tarifs. Ce site ne publie aucun prix qu'il ne pratique pas et ne compare aucune boutique.
Ce qui les rapproche plus qu'on ne le dit
Les deux méthodes sont mécaniques et sans solvant. Aucune n'ajoute quoi que ce soit au produit : elles retirent. Aucune ne modifie la composition en cannabinoïdes de la matière de départ — elles concentrent ce qui existait déjà. Et surtout, aucune ne rattrape une matière première médiocre : une résine ne peut pas être meilleure que la fleur dont elle vient. Un static sift réalisé sur une matière fatiguée donnera une poudre très propre et sans intérêt aromatique.
Et le frozen sift ?
C'est la troisième voie, et elle se compare surtout au dry sift : même principe de tamisage, mais conduit à froid. Les trichomes deviennent cassants et se détachent plus nettement au lieu de s'écraser sur les fibres. Le froid vise les arômes, là où le static vise la propreté. La méthode, le rendement et le prix, et l'ensemble des textures pour la vue d'ensemble.
Lequel choisir, concrètement
- Tu découvres la catégorie : un dry sift de maille moyenne, en petit format. Tu apprends à reconnaître une texture sans engager le prix d'un lot rare.
- Tu cherches le meilleur rapport : un dry sift finement trié, avec la maille annoncée, comparé au gramme et pas à la plaque.
- Tu cherches la pureté maximale : static sift, en acceptant le prix, les petits lots et une disponibilité qui ne se planifie pas.
- Tu cherches le nez : regarde d'abord du côté du frozen sift. La propreté du tri et l'intensité aromatique ne sont pas le même critère.
Ce que ni l'un ni l'autre ne garantit
Fait Ni « dry sift » ni « static sift » n'est un label contrôlé. Aucun organisme ne vérifie qu'une résine ainsi étiquetée a effectivement été produite de cette façon, et rien n'oblige un vendeur à préciser la maille. Ces mots décrivent une intention de fabrication, pas un résultat certifié.
Deux choses restent vérifiables, et ce sont les seules : la maille annoncée, qui se recoupe avec l'aspect du produit, et l'analyse du lot, qui seule établit la composition et la conformité. Un vendeur qui annonce une méthode rare sans fournir ni l'une ni l'autre te demande de le croire sur parole. Les sept critères disent quoi exiger, et la page légalité ce que la réglementation française impose au produit fini.
